Évaluation en électroencéphalographie quantitative (EEGQ)
Une des façons les plus directes de vérifier si le trouble en question est d’origine neurologique est d’enregistrer l’activité
électrique du cerveau. L’évaluation en électroencéphalographie quantitative (EEGq) utilise un bonnet de capteurs posés sur le
cuir chevelu permettant de mesurer l’amplitude du signal électrique générée par l’activité neuronale. En comparant l’activité
neuro-électrique de différentes régions du cerveau avec une base de donnée normative, nous pouvons identifier rapidement les
régions qui sont soient hypo-actives ou hyperactives. Cette hypo ou hyperactivité est le reflet d’une transmission électrique
inefficace entre les neurones de ces régions cérébrales. Souvent, les fonctions cognitives sous-tendues par ces régions seront
de ce fait altérées. Une optimisation du fonctionnement neuro-électrique de ces régions permettra la plupart du temps de remédier
en partie ou en totalité à la situation. L’EEGQ permet aussi de comparer l’activité du cerveau avant, pendant et après un traitement.
Ce faisant, il devient possible d’identifier des prédicteurs de succès au traitement et d’avoir une mesure objective attestant
d’un changement réel au niveau cérébral.
Exemple de résultats d’un tracé EEG. À gauche, chaque ligne représente l’activité en temps réel d’une
électrode placée sur le cuir chevelu. En haut à droite, on décompose le signal en appliquant une transformation de Fourier (FFT).
Le graphique représente la puissance absolue (en microvolts carré) du signal mesuré à chaque électrode (chaque ligne de couleur
représentant une électrode) en fonction de la fréquence (de 1 à 30 cycle par seconde. 1 cycle/seconde = 1 hertz). Le graphique
en bas à droite nous indique jusqu’à quel point la puissance absolue de chaque électrode est différente de la base de donnée
normative en fonction de l’âge. Ainsi, nous avons un score-z pour chaque fréquence (de 1 à 30 hertz) pour chaque électrode.
Représentation topographique. La puissance absolue de chaque bande de fréquence (1-4Hz=Delta; 4-8Hz=Theta;
8-12Hz=Alpha; 12-25Hz=Beta; 25-30Hz=High Beta), pour chaque sujet, est représentée sur un modèle sphérique du cerveau. Plus la couleur
tend vers le orange et rouge, plus l’intensité de l’activité de la bande de fréquence est grande et déviante par rapport à la norme
(de +2 à +3 écarts-types). On parlera alors d’hyperactivité (excès d’activité). Au contraire, plus la couleur tend vers le bleu,
plus l’intensité de l’activité de la bande de fréquence est petite et déviante par rapport à la norme (de -2 à -3 écarts-types).
On parlera alors d’hypoactivité (déficit d’activité). Les fréquences de 1 à 12Hz (Delta, Theta, Alpha) sont considérées comme lentes;
tandis que les fréquences de 13 à 30Hz sont considérées comme rapides. Notre rôle est d’identifier quelles régions du cerveau sont
hypoactives (trop d’activité lente ou pas assez d’activité rapide) ou hyperactive (trop d’activité rapide ou pas assez d’activité lente),
ce qui pourraient altérer la fonction régie par cette aire cérébrale. Nos connaissances en neuropsychologie et en neurosciences nous
permettront de faire un lien entre les régions du cerveau qui ne fonctionnent pas de façon optimale, et les symptômes ou déficit
neuropsychologique identifiés chez chaque individu.
Mesures de cohérence. L’activité cérébrale doit se transmettre à une vitesse optimale d’une région à l’autre.
Si l’activité se transmet trop rapidement, on dira qu’il y a hyper-cohérence, c’est-à-dire que les deux régions semble traiter la même
information en même temps...ce qui n’est pas souhaitable. Il n’y a alors pas de différenciation entre le travail de ces 2 régions.
Chaque région du cerveau doit faire son bout de travail et compléter le boulot de l’autre. Au contraire, si une information électrique
est traitée par une région, mais que les autres régions ne semblent pas continuer le travail, on parlera d’hypo-cohérence. Avec nos
analyses, nous pouvons savoir quelles parties du cerveau ne communiquent pas normalement avec les autres, en fonction de la base de
donnée normative en EEGQ.
Localisation de sources et représentation sur un modèle tri-dimensionnel. De façon exploratoire, nous pouvons
utiliser des logiciels permettant d’estimer, à partir de l’activité mesurée par les électrodes sur le cuir chevelu, l’origine de ce
signal à l’intérieur du cerveau.
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